Mot du CHUV et de l’HESAV
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L’étude Tandem Ski avance à grands pas. En effet, la récolte de données a eu lieu sur les pistes de ski de Villars de début janvier à fin mars, l’extraction de la multitude de données accumulées par les capteurs et le développement des méthodes spécifiques pour les analyser s’est fait en avril et mai et à présent nous procédons à l’analyse détaillée des résultats.

L’étude s’est parfaitement déroulée grâce une belle collaboration de l’équipe de recherche de terrain, de la Fondation Just for Smiles, des moniteurs, des écoles spécialisées participantes et, bien entendu, des enfants et de leurs familles. Un travail de cette envergure en condition « naturelle » (hors laboratoire) n’était pas gagné d’avance. La synergie de chercheurs du CHUV, de l’UNIL et de la HESAV, qui a pu se mettre en place grâce au soutien généreux de la Fondation Terrévent, a permis d’en faire un succès.

Nous avons pu étudier un groupe de 17 enfants avec polyhandicap et un groupe de 10 enfants sans handicap du même âge, dont les données nous permettent de comparer les deux populations afin de voir les bénéfices physiques retirés de cette activité. Les conditions climatiques idéales, l’environnement propice et une logistique impeccable ont permis de réaliser l’ensemble des sorties de tandemski en respectant toutes les exigences scientifiques et de sécurité de l’étude.

Grâce à l’utilisation d’échelles spécifiques nous avons pu mettre en évidence l’importance du plaisir et de l’éveil chez les enfants avec polyhandicap durant leur pratique du tandemski. Les mêmes outils ont également démontré que cette pratique sportive n’induit aucune douleur physique ou inconfort quel que soit le groupe d’enfants.

Nos outils de mesures, de petits boitiers portables contenant des accéléromètres, nous ont permis de mesurer tous les paramètres du mouvement des différents segments corporels (tête, cou, tronc, bassin, membres inférieurs) lors de descentes d’une piste standardisée. Nous avons aussi pu suivre en détail le parcours du tandemski grâce à un GPS et des altimètres de haute précision, avec des pointes de vitesse à plus de 70 km/h, toujours dans des conditions optimales de sécurité. Nous avons dégagé un énorme volume de données à raison de 100 lignes de données brutes par seconde pour chacun des capteurs, qu’il s’agit de traiter et de simplifier pour en ressortir les paramètres essentiels.

Les toutes premières analyses de cette grande quantité de résultats nous renseignent sur le fait que les enfants atteints de polyhandicap semblent actifs sur le plan moteur durant la descente. En effet, ils corrigent activement leur posture contre les accélérations provoquées par les virages. Ceci va dans le sens de notre hypothèse de départ, qui était que loin d’être une activité purement passive le tandemski entraine une réelle activité motrice. A présent une analyse détaillée de leurs mouvements, enfant par enfant et segment par segment, est en cours afin de clarifier si tous bénéficient de la même manière de cette stimulation et pour déterminer si des adaptations du tandem ski permettraient d’optimiser encore leur participation. Nous nous réjouissons de vous informer durant les mois à venir de nos conclusions.

Dr Christopher Newman, Unité de Neuroréhabilitation Pédiatrique, CHUV

Prof. Francis Degache, HESAV